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Alzheimer : le long couloir de la mort.

En reflet à Anne Bert 

On parle de Charcot et de ces malades qui partent finir leur vie en Suisse ou en Belgique. Sursaut de dignité devant l’écrasant destin ou la terrible fatalité de l’absurdité médicale française. On sait faire vivre longtemps mais pas en bon état. On sait maintenir le corps sans ame et sans esprit… mais en gardant un patch de souffrance avec l’ultime légèreté d’une morphine mal dosée… on sait garder un légume longtemps, le plus longtemps possible dans une obséquiosité religieuse frisant la tartufferie. Que d’hypochrisie et de lacheté dans le corps médical. On veut « accompagner ». C’est le maitre mot d’une forme d’atermoiement visqueux de la pensée médicale française. On est loin du respect de l’homme, du patient, de la dignité humaine. Voire l’Ethique… Ailleurs on donne la dose pour partir, dans un souffle, dans un moment, dans un soupir ou un sommeil.

Ici on convoite le patient le plus longtemps possible, car le patient « mort vivant » est un marché… services spécialisés, aides des régions, des départements, soutien à des emplois dans des régions esclaves de la mort des autres…

 

Le fait est que cela s’accentue avec le nombre de cas, l’épidémie massive. L’Alzheimer prisonnier de son corps est nourri et gavé à la cuillère puis à la paille. On le soulage à la lingette. On le traite comme une momie en survie dont on aurait remplacé les bandelettes par des poudres et crèmes antiseptiques évitant l’escarre. On ira jusqu’à le réanimer avec un soutien en oxygène. On tiendra alors la vie jusqu’au bout. Dix ans pour tel grabataire, 5 pour l’autre. Les âmes sont loin de ces corps qui ne voient plus que des infirmiers, médecins ou aides soignantes. Les familles ne résistent pas à la vue du désastre physique. Un « recroquevillement » fœtal pour une agonie décennale. Une non-vie qui dure dans une chambre sans espoir. Silence on maintient en vie. Silence on ne tuera point. Jamais au grand jamais…

 

Un fils ou fille passeront parfois rapidement pour quelques prières, pour quelques suppliques. Ils repartiront la tête basse pris d’une violence pure et saine. Le système les détruit aussi, mentalement, financièrement et dans une totale froideur digne d’une efficacité de nazi. C’est implacable comme le corps médical a appris de Mengele. Il sait faire souffrir, mais à sa façon. A une époque c’etait en tuant à coup de gaz et là c’est en maintenant dans la vie, dans l’artificiel, dans l’agonie. Durable et exécrable jusqu’au confin de l’inhumain.

 

 

Le couloir de la mort pour un Alzheimer est infini. Il est là, implacable, tordant les morts-vivants, les légumes comme les présents, les aidants et les autres. La France aime cela. Détruire les énergies et les vivants pour maintenir les momies vivantes dans ce couloir de l’horreur. Prison de corps, toilettes brutales, gavages à pléthore.

 

On en est là… On attend qu’ils crevent avec amour pendant que les hopitaux restent dans l’accompagnement absurde. L’artificiel sans fin, le maintien cynique d’une vie sans le sens.

 

A ma mère,

 

YC

 

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